Dossiers

 Journal « Le Porte-Parole »

- Volume 1 - numéro 1 - mai 2008

- Volume 2 - numéro 1 - avril 2009

- Volume 2 - numéro 2 - août 2009

- Volume 2 - numéro 3 - novembre 2009

- Volume 3 - numéro 1 - avril 2010

Condition Féminine   

Responsabilité de condition féminine    Les thèmes du 8 mars depuis 1974    La violence et le harcèlement au travail    Agir avant la tempête    Politique de prévention de la violence et du harcèlement au travail    La politique c’est aussi une affaire de femme !    La réforme des institutions démocratiques     Meilleure représentation des femmes à l'Assemblée nationale    Les feux de la passion    Proposition 2 du mémoire CSN    Conclusion  

 

Santé et sécurité au travail

 

Réseau d'entraide

 

 

Condition féminine

La place des femmes à la CSN a été abordée dès 1960 au congrès de la CSN. Les militantes voulaient pouvoir participer aux débats et aux décisions prises par la CSN. C'est pourquoi a été décidé de mettre sur pied un comité de condition féminine. Mais, même si cela semble contradictoire aujourd'hui, elles ont décidé, dès 1966, d'abolir le comité afin de permettre une présence plus active des femmes et ce, dans l'ensemble des comités et travaux de la centrale afin de ne pas se limiter au seul comité dit féminin.

Cette stratégie a vite été remise en question car il ne suffit pas de vouloir prendre sa place. Encore faut-il s'appuyer sur des conditions favorables et sur la volonté politique des dirigeants pour que les choses puissent changer et qu'une place plus importante soit accordée aux revendications portées par les femmes.

C'est pourquoi, dès 1974, le congrès a recréé un comité de condition féminine. Une analyse critique de la situation des femmes est adoptée (oppression spécifique des femmes dans la société, revendications spécifiques portant sur la place et les conditions à changer pour favoriser la place des femmes à la CSN, etc.). Le congrès de 1982 va poursuivre le débat en plaçant des revendications précises portant sur les conditions de militantisme touchant particulièrement la participation égalitaire des femmes, des mesures spéciales à favoriser pour augmenter la participation des femmes (frais de garderie, heures des réunions, etc.). Le comité de la condition féminine va d'ailleurs organiser un grand rassemblement des femmes de la CSN en 1984 pour discuter du militantisme syndical afin d'approfondir la réflexion et réfléchir au type de syndicalisme que nous voulons pratiquer. Le thème du rassemblement est d'ailleurs «Pour un syndicalisme à l'image des femmes». Le congrès de cette année-là va aussi adopter des recommandations pour assurer une meilleure représentation des femmes.

Cette préoccupation de la place des femmes va être présente et faire l'objet de débats à l'occasion de plusieurs autres congrès. Lors des congrès de 1986 et 1988, nous constatons encore une fois les difficultés réelles rencontrées par les femmes et la nécessité d'aller plus loin sur cette question.

Un comité de travail est mis en place et une recherche spécifique est réalisée sur cette question. Les résultats sont clairs : les femmes vivent des situations et difficultés spécifiques (obstacles concrets rencontrés dans l'organisation du travail, de la vie familiale, militante et sociale).

Le congrès de 1992 va poursuivre sur cette lancée et un appel est adressé à tous les organismes affiliés afin de s'assurer d'une représentation équitable des femmes dans tous les comités et délégations. De même la CSN va exiger que l'État prenne des mesures pour s'assurer d'une représentation équitable des femmes dans les différents paliers décisionnels, tant dans les organismes publics, que dans les sociétés d'État.

Le congrès spécial de 1995 sera le moment pour débuter la réflexion sur le projet de proposition de programme d'accès à l'égalité (PAE) pour les femmes élues. Une vaste consultation sera réalisée dans tout le mouvement. Ce qui va nous mener à l'adoption d'un PAE mettant de l'avant des mesures concrètes pour améliorer la représentation des femmes dans tous les organismes. Un suivi sera fait lors du conseil confédéral de 1998 rappelant le portrait précis de la place des femmes dans les lieux décisionnels à la CSN. Dans les préparatifs du Congrès de 1999, la condition féminine lance une campagne de sensibilisation afin d'augmenter la participation des femmes au congrès. L'objectif visé est de 50% et celui qui est présentement atteint est de 46%.

Nous poursuivons encore aujourd'hui nos démarches afin d'atteindre notre objectif.

Responsabilité de la condition féminine

La responsabilité du comité de la condition féminine du conseil central consiste à apporter un soutien concret aux militantes engagées dans la cause des femmes dans la but de développer et d'assurer la présence et le rôle des femmes.

Le comité organise à chaque année la célébration de la Journée internationale des femmes, le 8 mars.

Les dossiers prioritaires de la condition féminine sont les suivants :
      -  L'équité salariale
      -  La marche mondiale des femmes
      -  La parité
      -  La formation
      -  Conciliation famille-travail-étude

La vie syndicale, les conditions de militantisme, la mondialisation, la violence et le harcèlement au travail ainsi que la syndicalisation sont également des dossiers qui sont au quotidien de la condition féminine.

*Les thèmes du 8 mars depuis 1974

La CSN a toujours joué un rôle actif dans l'organisation de la Journée internationale des femmes. L'organisation du 8 mars s'effectue depuis 1974 grâce à la collaboration d'autres groupes syndicaux et groupes populaires et de femmes.

C'est une mise au point collective qui associe chacun des groupes qui travaillent sur la question des femmes. Toutes les tendances sont présentes et donnent un caractère pluraliste au 8 mars québécois.

Voici la liste des thèmes depuis 1974;

 

1977    Solidarité et action
1978    Maternité, nous y avons droit  sans payer de nos emplois
1979    Si on est ensemble...
1980    Toutes ensembles 1974    Ménagères et travailleuses, un même combat!
1975    Pour une maternité choisie, pour des garderies populaires
1976    Brisons notre isolement
1981    S'organiser de + en +...
1982    Les femmes n'ont pas les moyens de reculer!
1983    On en a soupé. Faut changer  nos quotidiens
1984    De plus en plus fortes
1985    Imaginons le pouvoir
1986    On ne vit pas d'amour et d'eau fraîche
1987    On avance beau temps mauvais temps
1988    L'égalité, ça vaut son prix!
1989    Pouvoir...
1990    Femmes en tête! Une force déterminante
1991    L'indépendance, faut y voir
1992    Un Québec féminin pluriel
1993    La force des femmes, une clé essentielle au développement
1994    Attention...Femmes au travail
1995    Du pain et des roses
1996    La solidarité ça marche
1997    Coude à coude sans relâche
1998    Revoir notre monde
1999    2000 bonnes raisons de célébrer
2000    2000 bonnes raisons de marcher
2001    Plus que jamais fortes et déterminées
2002    Contre les violences faites aux femmes. La paix en toute complicité
2003    Femmes solidaires −Monde égalitaire
2004    La riposte des femmes - Ensemble tout est possible
2005    Femmes d’ici et d’ailleurs, changeons le monde
2006    Pour une réelle égalité – Toujours engagées

2007    Toute l'égalité; Mission inachevée!

2008   L'autonomie économique des femmes: une force collective

 2009   Unies, mobilisées et certaines d'avancer !

 

 

La violence et le harcèlement au travail

Le harcèlement sexuel

Les premiers travaux de la CSN sur les questions de violence en milieu de travail débutent en 1981 avec la problématique du harcèlement sexuel au travail : enquête dans nos milieux de travail, définition et orientations, brochure et session de formation.

Au cours des années 1990, la CSN et la FSSS produisent des guides syndicaux d'intervention sur la violence dans les relations conjugales et amoureuses.

La violence et le harcèlement au travail

D'autres formes de violence sont dénoncées au cours des années 1990 par les responsables à la condition féminine (violence psychologique et physique en particulier). Nous constatons un besoin chez les syndicats pour la sensibilisation aux questions de violence et de harcèlement au travail.

Il y a plusieurs formes de violence rencontrées dans les milieux de travail, en particulier la violence psychologique; la violence au travail peut s'exercer dans tous les types de rapport existant dans le milieu de travail (employeur, collègues, clientèle); un ensemble de facteurs individuels, sociaux, environnementaux et organisationnels explique l'émergence de la violence; plusieurs stratégies sont utilisées par les victimes de violence : soutien des collègues et déclaration au syndicat; les mesures de prévention : diagnostic, formation et mesures d'appui et d'entraide.

La violence en milieu de travail : tolérance zéro

Suivant deux recherches sur la violence en milieu de travail, la CSN, en 1997, a produit une brochure intitulée : La violence en milieu de travail : tolérance zéro. Les propositions qui sont contenues dans la brochure portent notamment sur les aspects suivants: Une définition de la violence en milieu de travail, la mise en place d'un processus diagnostic pour identifier les problèmes de violence et de mesures d'appui et d'entraide. D'autres propositions concernent des dispositions dans la convention collective sur les droits d'intervention du syndicat et la négociation d'une politique pour contrer la violence en milieu de travail.

Agir avant la tempête

En 2001, la CSN produit un nouveau guide intitulé : Agir avant la tempête qui propose une démarche-type de prévention de la violence et du harcèlement au travail. Il s'agit d'outiller les syndicats (démarche de diagnostic et de mise en place d'un plan d'action) et met aussi à jour la définition de certains concepts (violence au travail, violence organisationnelle, harcèlement psychologique...).

Depuis le début de ces travaux sur la violence et le harcèlement au travail en 1996, la CSN propose une démarche commune dans les syndicats soit d'associer étroitement les personnes chargées du dossier de la santé et sécurité au travail et celles chargées du dossier de la condition féminine comme étant les personnes toutes désignées pour prendre en charge ce dossier. L'expertise et l'expérience de ces personnes militantes peuvent contribuer à l'objectif de prévention de la violence et du harcèlement au travail.

Politique de prévention de la violence et du harcèlement au travail

Un an après avoir publié le guide Agir avant la tempête, la CSN poursuit sa démarche pour instaurer une culture de non-violence. Elle a préparé pour ses syndicats une politique  de prévention de la violence et du harcèlement au travail à négocier avec les employeurs.

La politique a été présenté aux responsables syndicaux en condition féminine et en santé-sécurité des fédérations et des conseils centraux les 3 et 4 décembre 2002. La politique insiste sur la sensibilisation, l'information et la formation du milieu pour prévenir les situations de violence et de harcèlement. Elle propose la mise sur pied, dans chaque milieu de travail, d'un comité contre la violence et le harcèlement au travail  pour faire la promotion de la politique, voir au bon fonctionnement des mécanismes de soutien et suivre de près le climat du milieu de travail. Elle propose la désignation d'une personne ressource pour accompagner la présumée victime et faire des recommandations.

Tous les syndicats CSN ont reçues cette politique en janvier 2003 et ces derniers peuvent l'adapter à leurs fonctionnements et leurs besoins spécifiques.

La politique c’est aussi une affaire de femme !

Le mode de scrutin

Depuis plusieurs années et encore davantage tout récemment, on entend parler un peu partout de réforme de scrutin. Cette réforme peut sembler comme quelque chose qui appartient au gouvernement et qui ne nous concerne pas vraiment. Le mode de scrutin est pourtant un instrument d'exercice de la démocratie très important dont les enjeux nous concernent toutes en tant que citoyennes et également en tant que femmes.

Un mode de scrutin, c'est quoi?

Un mode de scrutin c'est un mécanisme qui permet de transformer le vote populaire exprimé lors des élections en siège au Parlement, à l'Assemblée Nationale, au Conseil municipal. C'est ce qui permet de déterminer l'équipe dirigeante d'un État, d'une province ou d'une municipalité pour un temps donné. C'est ce qui permet à un peuple de choisir ses représentantes et ses représentants.

La réforme des institutions démocratiques

Toute la question du mode de scrutin et d'une réforme des institutions démocratiques est d'abord une question de choix de société à faire par la population, suite à un véritable débat public, et non une question réservée aux experts. L'apport de ceux-ci est pourtant nécessaire cependant, non pas pour ce qui est des valeurs à promouvoir et des objectifs démocratiques à rechercher, mais pour tout ce qui concerne les mécanismes à mettre en place pour atteindre ces objectifs démocratiques.

La complexité des modalités et leurs conséquences exigent de prendre le temps de les examiner de près, de recevoir et de soupeser les avis des experts afin que nos choix de société puissent se concrétiser et ne soient pas détournés par des mécanismes dont les effets seraient contraires aux objectifs recherchés. Il vaut alors la peine de procéder à une réflexion collective approfondie. (Voir le mémoire de la CSN concernant La réforme des institutions démocratiques à l'adresse Internet qui suit):

Meilleure représentation des femmes à l'Assemblée nationale

La lutte engagée par la CSN, en faveur des femmes, commande de lever les barrières à leur participation dans toutes les sphères de la vie en société.

Deux raisons fondamentales militent en faveur d'une meilleure représentation des femmes à l'Assemblée nationale. Elles ont lutté et obtenu le droit de vote en 1940. Il a fallu attendre deux décennies pour qu'une première femme soit élue députée au Québec  avec Claire Kirkland Casgrains en 1960. L'équité la plus élémentaire exige qu'elles aient, tout comme les hommes, accès à des charges de représentantes du peuple. Les femmes composent, en effet, 52% de la population et plus de soixante ans après avoir acquis le droit de vote, elles doivent toujours se contenter d'un maigre 28% de la députation au Québec (20,9% à Ottawa).

La deuxième raison réside dans le fait que la société québécoise toute entière se prive de l'enrichissement que lui apporterait une présence plus massive des femmes à l'Assemblée nationale, pour y véhiculer les valeurs, les façons de faire et de voir acquises à travers leur expérience de vie, dans tous les domaines de l'activité humaine.

La place que les femmes occupent dans les parlements tient tout d'abord au degré d'égalité qu'elles ont atteint et à la place qu'elles occupent dans toutes les sphères d'activités de la société.

Mais il n'y a pas de barrière étanche entre ces deux dimensions. Par la situation qu'elles occupent dans la société, les femmes forcent les partis politiques à leur faire de la place au plan des candidatures et aux premiers rangs de la politique tandis que leur présence et leur apport sur la scène politique contribuent au bien commun de toute la population mais aussi à l'avance spécifique des femmes dans la société.

C'est le cas notamment des deux réformes majeures du Code civil dans les années 1960 et 1970, des premières subventions accordées aux garderies jusqu'à la création des CPE et à la mise en place du ministère de la Famille et de l'Enfance, en passant par l'adoption de la Loi sur l'équité salariale en 1996. Il s'agit là, de preuves tangibles de l'émulation positive que provoquent un mouvement féministe fort et de la présence de femmes en politiques.

Certes, le niveau de présence féminine s'est amélioré dans nos parlements québécois et canadien au cours des vingt dernières années. Malgré tout, les progrès sont lents à se faire sentir et les acquis toujours fragiles. Néanmoins, le Québec présente un meilleur bilan que celui observé dans de nombreux pays.

À titre d'exemple, le pourcentage des femmes parlementaires est de 12,9% aux États-Unis, 10,9% en France mais de 42,7% et 37,4% en Suède et au Danemark. Aucun mode de scrutin ne peut, à lui seul, faire en sorte que les femmes soient équitablement représentées au niveau de la députation et du gouvernement bien que la proportionnelle favorise leur présence alors que les modes majoritaires ont un effet contraire.

La CSN évalue donc que sa position en faveur de la proportionnelle va dans le sens de favoriser une plus grande présence des femmes à l'Assemblée nationale. En effet, le scrutin de liste permet plus facilement qu'une représentation adéquate des femmes soit un enjeu électoral spécifique.

Pour obtenir des résultats concluants, il va s'en dire que les femmes doivent se retrouver en bonne position sur les listes de candidatures des partis. La CSN se prononce donc résolument pour que des mesures incitatives encouragent cette pratique dans les partis politiques. On peut, par exemple, envisager une révision de la loi électorale pour bonifier les sommes retournées à chaque parti, qui présente un nombre de candidats à un nombre prédéterminé par l'Assemblée nationale, et même prévoir une prime pour l'alternance entre candidatures féminines et masculines.

D'autres mesures non spécifiques aux femmes mais susceptible de les toucher, particulièrement, devraient aussi envisagées comme, à titre d'exemple, des formes d'aide financière attribuée directement aux candidates et aux candidats à une élection dont les revenus seraient inférieurs à un seuil déterminé par l'Assemblée nationale.

D'autres part, l'éducation citoyenne que nous proposons dans la partie portant sur le droit de vote à 16 ans doit évidemment inclure un volet important sur la question des femmes dans la société, notamment en faisant connaître leur rôle historique en politique mais aussi en faisant davantage connaître les divers programmes en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Ainsi, pour arriver à une représentation égalitaire entre les femmes et les hommes à l'Assemblée nationale, nous faisons, outre la proposition en faveur du mode de scrutin proportionnel mixte du type allemand, la proposition qui suit:

 

Les feux de la passion

Paysagiste, technicienne en génie civil, bouchère, ambulancière, agente de services, carreleuse, technicienne en arpentage... Au Québec, la liste des emplois et des formations où l'on retrouve moins de 33% de femmes est longue. Étonnamment, c'est encore le cas de plus de 300 types de professions sur 522 répertoriés selon la Classification nationale des professions.

Heureusement, les filles sont de plus en plus nombreuses à mettre le cap sur ces nouveaux mondes. Quoi de plus normal? Un emploi non traditionnel vous offrira des tâches captivantes et des défis à relever qui demandent de l'audace. Les femmes qui choisissent de tels emplois se réalisent et en retirent une grande fierté.

1Ces informations proviennent de la publication «J'y suis...J'y reste»  réalisée par le Comité aviseur Femmes en développement de la main-d’œuvre, avec la collaboration spéciale du Ministère de l'Éducation du Québec et Emploi Québec, décembre 2003  

 

Proposition 2 du mémoire CSN

Pour une meilleure représentation des femmes à l'assemblée nationale

  • Que le comité des États généraux sur la réforme des institutions démocratiques et la Commission des institutions étudient et proposent des mesures incitatives qui favoriseront une meilleure représentation des femmes à l'Assemblée nationale et que ces mesures incluent des incitatifs financiers aux partis politiques, de façon à encourager un plus grand nombre de candidatures féminines et à stimuler la pratique de l'alternance dans la composition des listes de candidatures;
  • Que, parmi ces mesures, soit mis en place un observatoire qui, après chaque élection générale, analyserait les résultats et ferait des recommandations à l'Assemblée nationale dans le but d'y atteindre une meilleure représentation des femmes;
  • Que, parmi ces mesures, l'éducation à la citoyenneté dispensée dans les écoles primaires et secondaires comprend un volet important sur l'égalité des femmes dans toutes les sphères de l'activité humaine.

Conclusion

Le mode de scrutin n'est pas neutre et sa réforme nous concerne toutes. Nous devons profiter de la conjoncture unique dans laquelle nous nous trouvons pour réclamer un mode de scrutin qui favorise une meilleure représentation des femmes, qui respecte davantage la volonté populaire, qui favorise le pluralisme et la  diversité tout en permettant une juste représentation des régions.

La réforme de scrutin est un outil important pour toutes les autres luttes du mouvement des femmes. Un mode de scrutin qui permettrait une meilleure représentation des femmes assurerait une plus grande représentation de nos intérêts.

Chapeau les filles ! Métier non traditionnel

Le Conseil central, par la CSN, est associé comme partenaire au concours «Chapeau les filles» organisé par le Ministère de l'Éducation.

Cette forme d'encouragement à abattre les stéréotypes et les ghettos dans le domaine de l'emploi est une autre initiative qui s'inscrit dans la marche du Québec vers une société plus égalitaire, sans aucun doute plus saine. Ici, le concours apporte un soutien au fait que les filles puissent déterminer leurs choix de carrière essentiellement sur la base de leurs intérêts.

En valorisant la formation professionnelle et technique des jeunes femmes et en les encourageant à choisir et à persévérer dans l'apprentissage de métier traditionnellement occupés par des hommes. Ce concours mérite certes l'appui de tous les intervenants du milieu.

C'est dans cet esprit et dans ce but que la CSN octroie des bourses à des jeunes femmes qui poursuivent des études dans un programme de formation professionnelle ou technique non traditionnellement féminin. La détermination de ces filles à poursuivre leur rêve mérite certainement ce genre d'encouragement.

 

             

Santé et sécurité au travail

La santé et la sécurité au travail est une priorité pour le Conseil central. À cet effet, nous mettons à la disposition des syndicats des ressources afin de soutenir les syndicats dans leur démarche concernant la prise en charge de ce dossier.

Notre rôle consiste tout particulièrement d'aider les personnes responsables locales pour qu'elles soient en mesure non seulement d'intervenir mais de développer une autonomie dans les différents processus d'intervention de la prise en charge des dossiers de la santé et de la sécurité au travail.

En autre nos interventions auprès des responsables locaux portent sur:

  • La préparation et le suivi d'un dossier d'accidenté du travail;
  • Le rôle  des responsables envers les membres, l'employeur et la CSST;
  • La conciliation d'un dossier avant la CLP;
  • L'intervention à la révision administrative;
  • L'assignation temporaire;
  • Le rôle de la CSST et son fonctionnement                            

Nous assurons également le suivi des personnes qui ont participé à une session de formation

Également le conseil central participe activement aux campagnes CSN, d'évènements tels que le colloque et le salon ressource en santé et sécurité au travail.

Guy Gingras, responsable du dossier

 

Colloque régional 2007:         

 Photos prises à l'occasion du colloque :   << Colloque 2007 >>

 

 

 Réseau d'entraide                                                                                        

                                                                                   

L'action de la CSN en matière de problèmes
psychosociaux dans les milieux de travail

L'alcoolisme et les toxicomanies

La CSN s'intéresse aux questions d'alcoolisme et de toxicomanies en milieu de travail depuis de nombreuses années. Ainsi, en 1982, la CSN produisait une vidéocassette intitulée JOE de même qu'un document de formation portant sur les problèmes d'alcoolisme en milieu de travail. Une série de sessions de formation à l'intention de ses syndicats affiliés a été donnée dans les conseils centraux, chacun regroupant les syndicats d'une région du Québec. Une tournée des équipes de travail des fédérations affiliées a aussi été organisée.

Le travail de la CSN à cette époque visait à outiller ses syndicats, les conseillères et les conseillers syndicaux afin qu'ils puissent défendre et soutenir adéquatement les membres aux prises avec des problèmes d'alcoolisme. La CSN les invitait donc à négocier des clauses de convention collective reconnaissant l'alcoolisme comme une maladie, à assurer que les polices d'assurance prévoient à la fois l'application des clauses d'assurance salaire, dans les cas de personnes en traitement, ainsi que des couvertures donnant droit au paiement des cures de réadaptation. La CSN invitait aussi ses syndicats à négocier des programmes d'aide aux salarié-es. Certains conseils centraux de la CSN ont aussi apporté leur contribution en offrant des sessions portant sur les toxicomanies dans leur programme de formation.

Dans les années qui suivirent, les demandes de soutien provenant des syndicats aux prises avec des membres en difficulté ne cessent d'affluer, et ces demandes s'élargissent : problèmes de toxicomanie, de santé mentale, d'épuisement professionnel, de violence, de jeu, etc. Au cours des années 90, constatant l'augmentation ainsi que la complexification des problèmes de toxicomanie, le bureau confédéral de la CSN donnait mandat de faire le bilan des expériences d'intervention des syndicats CSN en cette matière. Ce travail pris la forme d'une brochure intitulée Les toxicomanies et l'action syndicale. Dans ce document, la CSN, tout en reconnaissant l'importance des programmes d'aide aux salarié-es, recommandait à ses syndicats d'établir des réseaux d'entraide dans les milieux de travail. La CSN considère que ces deux modes d'action sont complémentaires.

La CSN et d'autres problèmes psychosociaux

La CSN est aussi active dans d'autres champs d'intervention du domaine psychosocial. De nombreux documents ont été produits, des colloques, des interventions de toutes sortes, des sessions de formation et de réflexion se sont tenus sur différents aspects de la santé mentale des travailleuses et des travailleurs. On n'a qu'à penser aux nombreux travaux faits par la CSN et ses organismes sur l'épuisement professionnel, la violence faite aux femmes, le stress en milieu de travail, la violence en milieu de travail pour s'en convaincre.

Le constat que nous faisons c'est que dans l'ensemble des milieux de travail les problèmes augmentent et qu'ils sont de plus en plus complexes. D'ailleurs, il faut bien le redire, le marché du travail est en pleine mutation. Ces mutations exercent de très fortes pressions sur les travailleuses et les travailleurs. D'abord, ce sont les conditions générales de l'emploi qui se transforment. La précarisation de l'emploi et la précarisation des revenus qu'elle implique laissent présager des effets négatifs sur la santé physique et mentale des travailleuses et des travailleurs.

Ensuite, c'est le travail lui-même qui se transforme. Certains auteurs estiment qu'on passe de la manufacture à la « cerveau-facture ». On risque de passer ainsi d'une situation où, ce sont les accidents de travail, qui constituent le phénomène dominant de la santé-sécurité au travail à une situation où ce seront les problèmes de santé mentale qui en constitueront le phénomène majeur.

Dans ce contexte, la CSN a considéré qu'il fallait élaborer une stratégie globale d'intervention sur les problèmes psychosociaux dans les milieux de travail. En ce sens, l'établissement de réseaux d'entraide dans les syndicats constituait une pièce maîtresse de cette stratégie.

Ainsi, le Conseil central de l'Abitibi-Témiscamingue-Ungava met en place, en 1993, le premier projet de réseaux d'entraide. Des démarches s'amorcent, en 1997, entre la CSN et Centraide pour mettre en place des réseaux d'entraide dans les syndicats CSN. En 2002, le projet prend forme et il regroupe le Conseil central du Montréal métropolitain, le Conseil central de la Montérégie, le Centre Saint-Pierre et Centraide. Notons que dès 1997 des formations sur l'entraide sont dispensées à Montréal, puis à Québec à compter de 1998.

En décembre 2001, lors d'un conseil confédéral de la CSN, la position suivante est adoptée :

- Que la CSN invite les conseils centraux à mettre en place des réseaux d'entraide inspirés par les projets des conseils centraux de la Montérégie, du Montréal métropolitain et de l'Abitibi-Témiscamingue-Ungava .

Lors du 60e Congrès de la CSN, qui s'est tenu en mai 2002, les délégué-es ont adopté, entre autres, les propositions suivantes :

- Que la CSN, les fédérations et les syndicats fassent une priorité du dossier de la santé mentale au travail en développant un plan d'action concerté (comprenant un état de situation, une identification des principaux facteurs de risque) visant, entre autres, la reconnaissance accrue à la CSST des maladies mentales reliées au travail et des solutions pour améliorer la santé mentale au travail.

- Que la CSN et les conseils centraux fassent le point sur l'expérience des réseaux d'entraide et tracent des perspectives de travail sur cette question.

À l'automne 2002, une des priorités mise en avant par la CSN est le dossier relatif à la santé mentale. Une nouvelle salariée est embauchée au Service des relations du travail (SRT) à titre de responsable du dossier santé mentale. Puis, un plan de travail est présenté lors du conseil confédéral de juin 2003. Ce plan de travail dresse l'état de la situation en général dans le dossier de la santé mentale et le portrait dans les fédérations affiliées à la CSN. Il identifie les différents facteurs de risque, rappelle les actions entreprises à la CSN depuis le milieu des années 90 et propose un plan d'action dans lequel le développement des réseaux d'entraide est au coeur des outils à se donner.

C'est en février 2003 que s'amorce la mise en place des réseaux d'entraide au Conseil central de l'Estrie. Ce projet a obtenu, entre autres, une subvention de Centraide de la région et d'Emploi-Québec.

Une des trois priorités de la CSN pour l'année 2003-2004 est d'agir sur la santé mentale. Ainsi, un plan d'action adopté en octobre 2003 prévoit, entre autres, de poursuivre l'information et la formation des équipes régionales sur les réseaux d'entraide et d'encourager leur mise en place dans toutes les régions, sous la responsabilité des conseils centraux. Au niveau national, une personne du Service d'appui aux mobilisations et à la vie régionale (SAMVR) est nommée pour assurer le suivi auprès des régions.

En novembre 2003 se tenait le colloque CSN sur la santé mentale au travail S'équiper pour pas capoter. Plus de 400 personnes y ont participé. Des exposés portant sur « Le travail et santé mentale : une relation qui se détériore », « La santé mentale des travailleuses : hystérie, faiblesse ou tâches impossibles » et « En santé mentale au travail : les conditions d'implantation des solutions » étaient au programme. De plus, parmi les ateliers, celui intitulé « La mise sur pied d'un réseau d'entraide dans son milieu de travail et en faire un outil de prévention » a été très couru.

Également, à la même époque, la CSN, avec la contribution de Centraide du Grand Montréal, produisait le dépliant Un réseau d'entraide dans mon syndicat, un outil distribué largement.

En janvier 2007, 11 régions avait une ou un responsable régional du développement des réseaux d'entraide. Les régions suivantes se sont ajoutées, soit la Côte-Nord, l'Outaouais, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Lanaudière, les Laurentides. Québec-Chaudières-Appalaches et le Coeur du Québec.

La CSN offre aux nouveaux responsables régionaux du développement de l'entraide une formation de deux jours relative au travail à effectuer à ce titre. Aussi, une formation CSN est maintenant mise à la disposition des responsables régionaux pour former les entraidantes et les entraidants provenant des syndicats de leur région. La CSN réunit une à deux fois par année les responsables régionaux afin de discuter et d'échanger sur leurs réalités.

  

 Chronique de Jean-Pierre Brun Dr:

Titulaire de la chaire en gestion de la santé et de la sécurité du travail.

<<Chronique de la semaine>>

 

 

Un réseau d'entraide dans mon syndicat

 

Un réseau d'entraide, c'est quoi ?

C'est un collectif regroupant des personnes préoccupées par la qualité de vie au travail et le développement de l'entraide et de la solidarité dans leur milieu de travail.

 

Dix bonnes raisons de mettre en place un réseau d'entraide dans le milieu de travail et d'y participer :

•  Poser des gestes de solidarité envers celles et ceux qui vivent des difficultés;

• Établir des liens avec d'autres personnes préoccupées par l'entraide;

• Faire la promotion de la santé mentale;

• Discuter des problèmes psychosociaux présents dans le milieu de travail;

• Contribuer à la vie syndicale;

• Alimenter la réflexion du comité de santé-sécurité;

• Faire appel aux ressources externes en cas de besoin;

• Rendre le milieu de travail plus humain;

• Favoriser les relations harmonieuses;

• Apporter un complément au Programme d'aide aux salarié-es (PAE).

 

Les caractéristiques de l'entraide

• Base volontaire, ponctuelle et sans contrainte

• Relation d'égal à égal

• Respect de la confidentialité

 

L'entraidante ou l'entraidant

• est attentif aux autres et leur fait confiance ;

• est à l'écoute de ses collègues;

• partage la vision de l'entraide et fait partie du réseau d'entraide;

• se préoccupe de la qualité de vie dans son milieu de travail;

• tisse des liens de solidarité;

• identifie ses forces et ses faiblesses pour mieux avancer;

• connaît les ressources institutionnelles et communautaires et y réfère des personnes au besoin.

 

La ou le responsable du réseau d'entraide dans le syndicat

• met en place le réseau;

• soutient les entraidantes et les entraidants en jouant un rôle conseil;

• planifie et organise des activités de sensibilisation et d'information.

 

La ou le responsable au comité exécutif

• assure le lien entre le réseau et le comité exécutif et, au besoin, les différents comités;

• fait le suivi approprié.

 

La ou le responsable régional du développement de l'entraide

• est la personne-ressource auprès des responsables locaux;

• joue un rôle conseil;

• met en place des réseaux d'entraide au niveau régional.

 

Le conseil central

Ce sont les conseils centraux qui sont responsables du développement des réseaux d'entraide dans les syndicats. Au cours des dernières années, des projets ont été implantés avec l'appui financier de Centraide dans certaines régions et d'autres sont à l'oeuvre pour faire de même.

L'appui du conseil central peut se concrétiser par :

• des sessions de formation sur l'entraide;

• des rencontres thématiques : suicide, violence, alcoolisme, etc.;

• des rencontres de suivi avec les responsables de l'entraide dans les syndicats locaux.

Pour en savoir davantage, communiquez avec Pierre Morel secrétaire général au 549-8541.

 

 

 

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